mercredi 21 février 2018

Initiation au patronnage - partie 3 : l'essayage de la jupe droite

Je vous l’avais promis dans la partie 2 de cette initiation, alors faut bien que je m’y colle…

Voici donc l’essayage de la jupe droite!

Comme pour les mesures dans la partie 1, sachez que l’on ne peut pas faire un bon essayage sur soi-même !!!
Si le vêtement est pour vous, faites-vous aider!!

D’abord, la préparation du travail…
Comme on ne sait pas trop ce qui nous attend (si on le savait on aurait pas besoin de faire un essayage…) on va prendre nos précautions et travailler sur une toile…
Une toile est un prototype de vêtement réalisé dans un caliquot ou un autre tissu bon marché.
On sera peut-être amené à couper dedans, donc il vaut mieux ne pas la réaliser dans le tissu définitif.

Les règles de base pour réaliser une toile, peu importe laquelle, sont :
  • ajouter des valeurs de coutures généreuses (au moins 2 cm). Si on doit ouvrir pour agrandir, c’est mieux d’avoir un peu de réserve.
  • Réglez votre machine sur la longueur de point maximale, ce sera plus facile si on doit découdre.
  • Toutes les lignes d'aplomb doivent être tracées sur la toile.
    Vous vous demandez peut-être ce que c’est qu’une ligne d’aplomb… et bien ce sont les lignes qui DOIVENT être parallèles au sol quand le vêtement est porté. En fait ce n’est pas difficile, on s’en sert aussi pour prendre nos mesures (Tour de poitrine, Tour de taille, Tour de hanches). On peut aussi tracer les milieux devant et dos. C’est un peu moins utile, mais ça ne peut pas faire de mal… :-)
    Assurez-vous que ces lignes soient bien marquées, bien visibles.

Ok? On commence?

Toutes les initiations au patronnage commencent par la jupe droite.
Ce n’est pas pour rien… C’est évidemment parce que c’est le vêtement le plus facile!
Il est donc fort peu probable, si vous avez bien pris vos mesures, que vous ayez une jupe trop étroite ou trop large…

Nous allons donc nous concentrer essentiellement sur le haut de la jupe.

Imaginons 2 personnes ayant les mêmes mensurations…

Si nous les regardons de profil, il est possible que nous obtenions des silhouettes aussi différentes que ceci…



La première, plus large de hanches, aura forcément moins de volume à l’arrière que la seconde…

Qu’est-ce que cela implique?

Reprenons le même dessin…


On imagine aisément que la ligne bleue et la ligne rouge n’auront pas les mêmes dimensions.
La ligne rouge sera forcément plus longue puisqu’elle englobe un volume plus important…

Oui mais voilà, nous on essaye de leur faire mettre la même jupe…

Essayons d’habiller notre dessin…



Bon d’accord, j’ai un peu caricaturé, mais le principe est là…

Comme j’ai besoin de plus de longueur pour épouser les formes de mon modèle 2, et que je n’ai pas cette longueur, inévitablement toute la jupe est entraînée vers l’arrière et remonte…
Logique non?

Là on a deux solutions :
  1. on s’assied par terre et on pleure…
  2. on fait marcher nos petites cellules grises…
Je vote pour la deuxième option…
D’autant que la solution est facile a trouver…

On l’a déjà dit, il nous manque de la longueur au dos…
Pas de souci, il suffit d’en ajouter.

Oui, mais ma couture de côté, elle, est correcte…
Ok, voici ce que je propose, on ouvre toute la largeur du dos au niveau de la pointe des pinces et on corrige l’aplomb en descendant le bas de la jupe.

Ce qui de profil nous donnera…



Voilà qui parait mieux…

On regarde ce que cela donne sur le patron?

On ne va forcément s’occuper que de notre dos.
On a coupé dans notre toile?… qu'à cela ne tienne, coupons aussi dans notre patron…



On ouvre en parallèle la partie la plus proche du milieu de la valeur que l’on a trouvée lors de l’essayage (celle qui permet d’ajuster l’aplomb.)



Et on fait pivoter l’autre pièce de manière à reformer la pince sans modifier la longueur de la couture de côté…



Vous avez vu?
Vous avez remarqué?

En pivotant la pièce de côté, on a augmenté la profondeur de la pince…
C’est logique puisqu’on a plus de volume à envelopper…

La ligne de la couture de côté s’est quant à elle redressée.
C’est normal aussi…puisqu'on a moins de volume aux hanches.

Nos contours (taille et hanches) n’ont pas bougé… on a juste ajusté les profondeurs de nos pinces (dos et côté) afin qu’elles s'ajustent parfaitement aux formes du mannequin.

Il est possible que vous ayez à faire la correction inverse.
Dans ce cas, on ne va pas couper dans la toile, mais reprendre en pinçant…
Et dans le patron, on va descendre la pièce la plus proche du milieu et pivoter l’autre pièce pour refermer la pince…
Je ne vous fais pas de dessin, si vous avez bien compris la logique de ce qu'on a fait dans ce post, cela doit vous paraître limpide…

Et voilà… Essayage terminé...

Une bonne chose de faite…

Initiation au patronnage - partie 2 : la jupe droite

Voici venu le temps de la partie 2 de notre initiation… la jupe droite…
Si vous avez loupé la partie 1, il n’est pas trop tard...

Dans cette partie-ci, on va vraiment entrer dans le vif du sujet…
Mais auparavant, il me semble important de faire un “petit” point sur le matériel nécessaire.

On s'apprête à dessiner les plans de notre jupe… il n’est donc pas illogique que le matériel s'apparente à celui d’un architecte…

Voici ce qu’il vous faut :
  • du papier de coupe :
    Vendu en mercerie, c’est un papier de grande taille prévu pour les patronnages.
  • un porte-mine :
    Des mines de 0.5 sont bien… Plus fines, elles ont tendance à casser rapidement, plus épaisses, c’est un peu trop épais… :-)
    Vous pouvez le troquer contre un crayon, mais il est vital que celui-ci soit bien taillé.
    Une pointe émoussée peut vite faire un trait de 2mm de large.
    Imaginez un patron de veste avec quatre découpes verticales au devant et autant au dos…(je sais, ce n’est pas facile…) avec les deux coutures de côtés, on est à 10 découpes, pour chaque découpe vous avez tracé 2 traits puisque vous assemblez 2 pièces. Avec un crayon mal taillé, vous avez donc, si je calcule bien, une imprécision potentielle de 20mm autrement dit, une demi taille (dans la plupart des tableaux de mesures, l’écart entre 2 tailles est de 4cm). La précision est donc fort fort importante.
  • des règles: Le strict minimum est
    • une règle graduée de grande dimension (la mienne fait 100cm)
    • une équerre assez grande (c’est mieux si elle aussi est graduée)
    • un mètre ruban (je sais, ce n’est pas une règle...)
    • … et c’est tout…
    Une latte à courbes permet de tracer…. des courbes, ça peut aider.
    Et personnellement je n’utilise pas une équerre, mais deux.
    L’usage combiné de deux équerres fera peut-être partie d’un prochain article de blog…
  • un stick de colle :
    Vous avez mal estimé la taille d’une pièce… pas de soucis, ajoutez un morceau de papier en le collant… c’est mieux que de tout devoir recommencer…
    Attention - Le ruban adhésif est à proscrire.
    En manipulant un patron, il n’est pas rare de le froisser. Travailler sur un patron chiffonné est difficile, mais un coup de fer à repasser et c’est reparti… Le ruban adhésif, lui, supporte mal la chaleur et l’option fer à repasser vous sera dès lors interdite!

  • Cette liste n’est pas exhaustive mais l’essentiel y est
    Je la complèterai sans doute au fur et à mesure.
    N’hésitez pas à intervenir avec un p’tit commentaire pour me corriger ou me compléter…

Petite digression “matériel” terminée…
On peut y aller pour notre patron de jupe…

Réfléchissons ensemble un instant…

La forme géométrique qui se rapproche le plus de la jupe droite est le cylindre.
Et c’est cool parce que c’est vraiment facile à dessiner. Le développement d’un cylindre est un simple rectangle…

Seulement voilà, si on se contente d’un cylindre pour votre jupe, il risque fort de terminer sur vos chevilles…lol

Vous conviendrez avec moi que c’est mieux si votre jupe est un peu plus ajustée à la taille.

Imaginons donc nos options…
  1. La méthode la plus simple est l’élastique!
    Pas très “couture” d’accord, mais diablement efficace…
    Dans ce cas, notre patron serait déjà presque terminé…
  2. Un tout petit peu plus “couture”: les fronces. Pli non aplati et non cousu obtenu en coulissant un tissu sur un fil.
    Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais l’élastique est plus simple et donnera le même effet…
    Je ne retiendrai donc pas cette solution…
  3. Des plis?
    Là, on monte d’un cran dans le côté “couture”…
    Mais si le cylindre est près du corps au niveau des hanches, les plis risquent de s’ouvrir très vite et seront, à mon avis, un peu disgracieux.
    J’oublie donc les plis…
  4. Et si on faisait des plis et qu’on les cousait en triangle jusqu’aux hanches…
    On appelle ça des pinces et c’est vraiment “couture”...

    Adjugé !!!... on va faire des pinces…
On s’y met?

On ne va pas s’ajouter du travail pour rien, je vous propose de ne tracer qu’un demi vêtement… Un dos et un devant…

Vous avez mesuré votre tour de hanche (cf. partie 1)
On devrait donc tracer un rectangle qui ferait un demi tour de hanche de largeur et la hauteur voulue pour votre jupe en hauteur.
Mais que nenni..., ce serait trop facile…

On va bien partir de votre tour de hanche. (J’utiliserai l'abréviation TH)
Si on se contente de cette mesure, votre jupe sera tellement serrée que le moindre mouvement la ferait craquer!
On va donc ajouter une valeur pour que vous soyez bien dedans… l’aisance.

A l’école, on m’a inculqué l’information suivante:
“On ajoute 4 cm d’aisance par couche posée sur le corps !”
Notre jupe étant la première couche à poser sur le corps, on va lui ajouter 4 cm d’aisance.
Je tiens à préciser que cette valeur est purement arbitraire, mais en général elle fonctionne bien.
Si vous êtes d’humeur contradictoire, rien ne vous empêche de la modifier à votre guise… Tant que c’est réfléchi, ça me convient…
Avec un tissu stretch par exemple on pourra, pourquoi pas, la revoir à la baisse…

Pour obtenir la largeur du rectangle, on a donc ceci :
Largeur du rectangle = ( TH + Aisance ) / 2

Dans ce rectangle, on doit tracer un demi dos et un demi devant.
On va donc pouvoir le diviser en deux… oui mais non, ce serait trop simple…

Pour une raison purement esthétique, on va faire le devant un peu plus large que le dos.
C’est plus joli quand on est face à quelqu’un, de ne pas voir tout de suite la couture de côté !
Je vous propose donc de déplacer la couture de côté de 1 cm vers l’arrière. (C’est là aussi une mesure tout à fait arbitraire… 1.5cm c’est bon aussi… Mais que voulez-vous, j’ai mes habitudes… :-) )


Ok, on a notre base de travail…

Sur cette base, on va positionner la ligne de hanche…
Sauf qu’il vous manque une mesure… la hauteur hanche…
En effet, je ne l’ai pas mise dans les mesures de la partie 1. C’est volontaire…
Tout simplement car il est difficile de mesurer cette hauteur de façon précise. On est obligé de l’estimer…Ce que vous pouvez faire dès maintenant d’ailleurs…

Vous devriez selon votre taille avoir une mesure variant entre 18 et 25 cm.


C’est fait?
Bien on s’occupe de nos pinces.

Vous devinez déjà comment on va faire…
On doit enlever à la taille la différence entre votre tour de hanche (avec aisance) et votre tour de taille (avec aisance).

Valeur cumulée des pinces = ( ( TH + Aisance ) / 2 ) - ( ( TT + Aisance ) / 2 )
J’espère que vous aimez les maths… :-)
On va répartir la valeur ainsi obtenue entre 3 pinces :
  • une au devant
  • une au dos
  • une dans la couture de côté.
Il reste une question qui doit, je suppose, vous brûler les lèvres…
Dans quelles proportions doit-on les répartir?

Aie aie aie… Je m’attendais à cette question… et la réponse n’est pas simple…

La version scolaire tout d’abord :
Les pinces au devant et au dos ont le même valeur de +/- 2.5 cm et le reste est placé dans la couture de côté.

Si on envisage le problème d’un point de vue moins scolaire, il va falloir réfléchir un peu plus…
En effet, la profondeur des pinces dépend de vous… ou plutôt de votre corps…

La pince permet d’envelopper un volume… la pince la plus profonde doit donc être forcément en regard du volume le plus fort.

Si on prend en compte l’image ci dessous représentant la coupe de 2 corps ayant le même tour de hanche :


Dans le premier cas, madame a des hanches relativement étroites, mais des fesses plus généreuses…
Dans le second, au contraire, les hanches sont larges, mais les fesses plus plates...

Si on travaille sur mesure, il me parait évident que ces deux dames ne devront pas avoir le même patron de jupe…

Il faudra, à la première, des pinces dos bien plus profondes. La pince placée au côté sera elle moins profonde… c’est assez logique…

L’inconvénient c’est qu’il m’est difficile de vous donner des règles précises…
Ce que je vous propose dès lors, c’est de partir sur la version scolaire et je tenterai de faire assez rapidement un article sur l‘essayage de la jupe afin de corriger les problèmes s’il y en a…
Cela vous convient-il?

Dans un soucis d’esthétique, on va tenter de placer la pince au milieu des pièces dos et devant.

Pour le devant, on avait aux hanches ( ( TH + Aisance ) / 4 ) +1
On aura donc à la taille ( ( TT + Aisance ) / 4 ) +1

Pour le dos, on avait aux hanches ( ( TH + Aisance ) / 4 ) -1
On aura donc à la taille ( ( TT + Aisance ) / 4 ) -1

Sur la ligne de taille on applique la moitié de ces valeurs, on place ensuite la profondeur de pince et on termine par la seconde moitié… simple…
Enfin peut-être avez-vous besoin d’un p’tit dessin… :-)


Vous avez tout ce qu’il vous faut pour tracer vos pinces… à part leur longueur…

Pour que ce soit joli, on arrête la pince dos à quelques centimètres de la ligne de hanche.
Moi j’ai l’habitude de l’arrêter 2 cm au dessus, mais sentez-vous libres de modifier cette valeur… (en restant raisonnable car n’oubliez pas que le volume est à hauteur de la ligne de hanche… il ne faut pas trop s’en éloigner…)
Le volume à l’avant est normalement moins prononcé… chez moi la pince aura aussi 2 cm de moins...

On peut donc tracer les pinces :


Il reste deux petites étapes, on a presque fini…

En pliant votre papier, vous pouvez fermer toutes vos pinces et rendre la courbe de taille plus harmonieuse…
J'ai un peu de mal à plier mon écran mais voici à peu près ce que cela devrait donner :


Enfin une certaine Mlle A. Bent disait
“...Moi j'ai des formes et des rondeurs
Ça sert à réchauffer les cœurs…”

C’est vrai que dans le corps humain, les lignes droites sont rares…
Mettons un peu de rondeur dans tout ça... (pinces et hanches...)




Et voilà…

Un patron de jupe droite vite fait bien fait…
Pour le réaliser, on doit encore lui ajouter des valeurs de couture, prévoir un moyen de fermeture et une finition à la ceinture…

Mais moi je suis fatigué alors je m’arrête là… et puis il faut bien que je me garde des sujets pour plus tard non? :-)

Si vous laissez le patron comme ça, une fois monté, il vous paraitra légèrement entravé…
C’est un effet d’optique… pour avoir une jupe droite qui paraisse droite, il convient de l’évaser un petit peu…

Une jupe de ce type demande un tissu avec un peu de tenue…
Elle pourrait être réalisée par exemple :

Mais comme il arrive parfois que l’on se trompe, je vous conseille de coudre une toile avant de faire votre modèle définitif.

Une toile est la façon dont l’on appelle un modèle d’essai. Traditionnellement on la réalise dans un tissu de coton appelé “caliquot”. Mais ce n’est pas obligatoire… un autre tissu pourrait faire l’affaire comme un vieux drap par exemple…

Évitez cependant les tissus trop souples comme les doublures ou les mailles qui réagissent très différemment. L’idéal étant bien évidemment de s’approcher le plus possible du tissu définitif.

Bon amusement et à bientôt...

jeudi 8 février 2018

Initiation au patronnage - partie 1 : la prise de mesure

Si vous lisez ces lignes, il y a de fortes probabilités pour que vous connaissiez la réponse à la question suivante:

Qu’est-ce qu’un patron?

Si je reprends la définition présente dans wikipedia, la réponse est :
“Un patron est la représentation d'un vêtement vu de face ou de dos. Il est fabriqué en général à partir de feuilles de papier et permet de concevoir un vêtement avant sa fabrication en couture.”
Cette réponse est évidemment correcte.

J’aimerais toutefois la préciser un tout petit peu. Voici ma version :
“Un patron est la représentation géométrique en deux dimensions d’un vêtement. Généralement réalisé en papier, il servira de gabarit à la découpe d’un tissu, qui,une fois assemblé à l’aide de coutures, formera un vêtement en trois dimensions.”

Ces deux définitions se ressemblent beaucoup…
Toutefois, la seconde prend en compte une notion à mon sens importante: la géométrie dans l’espace.

Tout le monde connait le développement du cube.





Notre but est de faire a peu près la même chose, mais pour habiller un corps humain et en y ajoutant un peu de fantaisie…


Le sujet est vaste et cet article n’est sans doute qu’un prélude…
La mode étant en perpétuelle évolution, il ne devrait pas être trop difficile d’alimenter ce blog. En tout cas, tant que durera ma collaboration avec Stragier chez qui je travaille depuis 15 ans… :-)

Mais revenons à notre sujet.

Pour dessiner notre cube, nous ne devons connaître qu’une seule dimension, la longueur de son côté.

Pour notre corps humain, comme vous pouvez l’imaginer, nous aurons besoin d’un tout petit peu plus de mesures… :-)
En industrie, on travaille avec des tableaux de mesures.
Ils contiennent des mesures étudiées pour convenir le plus possible à tout le monde.
Des mesures standardisées…

Votre but, en lisant ceci, est, à n’en pas douter, d’aller un peu plus loin…
D’avoir un vêtement qui s’approche le plus possible du “sur mesure”... Un vêtement basé sur vos mesures à vous…

C’est un défi que l’on peut tenter de relever ensemble...Mais cela implique quelque chose… avoir vos mesures… bon sang, mais bien sur !!!….

Une précision cependant : je ne traiterai ici que des patrons pour dames.
Ce n’est pas de la ségrégation, c’est juste le domaine que je maitrise le plus… (pardon messieurs...)

Avant de commencer, sachez, mesdames, que ces mesures doivent toutes être prises au plus près du corps.
Il convient donc d’être en sous-vêtements lors de la prise de mesure.
Si pour des raisons d’intimité ou de pudeur, cela n’était pas possible, portez des vêtements les plus moulants possible.
D’autre part, il est quasiment impossible de prendre efficacement ses propres mesures.
Si vous souhaitez travailler pour vous même, faites-vous aider…

Assez parlé… munissez-vous d’un mètre ruban et allons-y…


Voici donc les mesures dont nous aurons besoin
Tour de taille :
placez votre mètre ruban autour de la taille et mesurez l’endroit où elle est la plus fine.
Pour plus de facilité, vous pouvez nouer un fin ruban autour de la taille. Il se logera de lui-même à l’endroit à mesurer...
Tour de hanches :
placez votre mètre sur la partie la plus charnue des fesses et mesurez le contour du corps à cet endroit.
Tour de poitrine :
Pour le tour poitrine, c’est le même principe… Il faut prendre la mesure à l’endroit le plus généreux… qui passe forcément par le bout des seins!
Hauteur poitrine :
C’est la distance mesurée, le buste bien droit, entre le point à l’intersection de la ligne épaule et du tour de cou, et le saillant poitrine (le bout du sein).
Bon à savoir: plus le vêtement est ajusté, plus cette valeur prend de l’importance et doit donc être précise.
Or vous n’êtes pas sans savoir que le choix du soutien-gorge influence la hauteur de la poitrine.
Dans les vêtements d’importance, les robes de mariées par exemple, il est conseillé de prendre les mesures en portant la même lingerie que celle qui sera portée avec le vêtement terminé.
Hauteur devant :
On la mesure de la même manière que la hauteur poitrine mais on descend du cou vers la ligne de taille.
Hauteur dos :
C’est la distance mesurée, le buste bien droit, entre le point à l’intersection de la ligne épaule et du tour de cou, et la ligne de taille en passant sur l’omoplate.
Longueur épaule :
de la base du cou jusqu’à l’articulation de l’épaule.
Longueur bras :
C’est la mesure de l’articulation de l’épaule à celle du poignet. La mesure doit être prise sur un bras plié à 90°
Tour du bras :
C’est la mesure du contour du bras prise sur la partie la plus forte.
Tour de cuisse :
C’est la mesure du contour de la cuisse prise sur la partie la plus forte.
Longueur intérieure de la jambe :
mesure entre l’entrejambe et la cheville.
Afin de préserver l’intimité du modèle, il convient de saisir le mètre ruban entre l’index et le majeur en le laissant dépasser de quelques centimètres. Vous pourrez ainsi prendre une mesure précise sans approcher trop près de l’entrejambe.
Pour le même usage,il existe des mètres ruban spéciaux dont une des extrémités est rigide sur une dizaine de centimètre.

Ces mesures sont normalement suffisantes pour réaliser presque tous les patrons… Ne perdez pas de vue que ces mesures ne sont pas figées. Si vous (ou votre modèle) perdez du poids, il faudra les revoir… dans le cas contraire aussi même si c’est moins agréable…

Il est souvent utile de se faire une petite “bibliothèque” de patrons très simples, mais très bien ajustés et de ne faire évoluer dans le temps que ceux-ci. Ils constitueront vos “patrons de base”. Vous pourrez ainsi en faire une copie puis partir de cette base sûre pour laisser libre cours à votre imagination...