vendredi 24 août 2018

ISATIS ou LA TEINTURE AU PASTEL


Isatis tinctoria, guède, pastel des teinturiers, voici quelques unes des différentes appellations de cette plante séculaire qui habillait autrefois les rois de France.

Les rois de France certes, mais pas que, on peut retrouver des traces de l’utilisation de cette plante dès l’Egypte romaine, sur des bandelettes d’embaumement, mais aussi chez César, qui y fait allusion dans ses « Commentaires de la Guerre des Gaules », ou encore Pline, en précisant que les Bretons "se barbouillaient le corps avec du glastrum" à savoir, guède.

Après avoir connu un essor considérable au XVème siècle, l’arrivée de l’indigo mis le succès du Pastel entre parenthèse jusqu’au XIXème siècle où Napoléon décida d’en habiller les soldats de l’Empire.

Cependant, avec l’arrivée des bleus synthétiques, vers la moitié du XXème siècle, le Pastel se raréfiera.

Le Bleu Pastel n'est pas mort, bien au contraire, ce colorant naturel teint encore les plus beaux tissus, que ce soit pour de la déco, mais surtout, pour l'habillement,

Voici un bref historique de la préparation de cette colorisation naturelle :

« Les feuilles étaient récoltées en septembre et amenées chez le meunier pastellier où on les écrasait sous une meule, pour produire une pâte qui était laissée dehors pour fermenter pendant 4 mois.
Seul le Maître-Pastellier pouvait savoir à quel moment il fallait stopper cette fermentation.
Ensuite, on devait mouler à la main des boules de la taille d'un melon.


Ces « Cocagnes » ou « Coques » étaient mises à sécher sur des claies dans une tour séchoir d’un château pastellier ou dans les petits villages, dans des paniers mis en haut de mats en bois : « les Mats de Cocagnes", graissés pour éviter le vol ».


Sur le marché de Toulouse, ces cocagnes valaient le prix de l'or - d'où le nom de la région Toulouse-Carcassone et Albi de "Pays de Cocagne".

Ces "cocagnes" prenaient 4 mois de plus pour sécher, se réduisaient, devenaient dures, noires et plus petites et soit, elles étaient vendues directement ou subissaient encore une transformation appelée « Agranat » qui permettait un transport plus léger dans des bateaux ou charrettes.

Dans l’atelier du teinturier, la couleur d'une cuve de teinture au Pastel était d'un jaune "pisseux" à vert. Les textiles passaient dans la cuve, sortaient jaune et, au contact de l'air, passaient du jaune au vert et du vert au bleu. C’est l’Alchimie du Pastel !



Notons que les tissus et vêtements colorés au Pastel présentent aussi l'avantage d'être inoffensifs pour les personnes à la peau plus sensible ou allergiques à certains produits de teintures.

L'Isatis Tinctoria, ce pigment naturel et vivant offre de superbes palettes de bleus, on peut obtenir des bleus pâles (Bleu Naissant) au bleu noir (Bleu d’Enfer) avec une tenue dans le temps incomparable, bref, un must !










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