vendredi 24 août 2018

ISATIS ou LA TEINTURE AU PASTEL


Isatis tinctoria, guède, pastel des teinturiers, voici quelques unes des différentes appellations de cette plante séculaire qui habillait autrefois les rois de France.

Les rois de France certes, mais pas que, on peut retrouver des traces de l’utilisation de cette plante dès l’Egypte romaine, sur des bandelettes d’embaumement, mais aussi chez César, qui y fait allusion dans ses « Commentaires de la Guerre des Gaules », ou encore Pline, en précisant que les Bretons "se barbouillaient le corps avec du glastrum" à savoir, guède.

Après avoir connu un essor considérable au XVème siècle, l’arrivée de l’indigo mis le succès du Pastel entre parenthèse jusqu’au XIXème siècle où Napoléon décida d’en habiller les soldats de l’Empire.

Cependant, avec l’arrivée des bleus synthétiques, vers la moitié du XXème siècle, le Pastel se raréfiera.

Le Bleu Pastel n'est pas mort, bien au contraire, ce colorant naturel teint encore les plus beaux tissus, que ce soit pour de la déco, mais surtout, pour l'habillement,

Voici un bref historique de la préparation de cette colorisation naturelle :

« Les feuilles étaient récoltées en septembre et amenées chez le meunier pastellier où on les écrasait sous une meule, pour produire une pâte qui était laissée dehors pour fermenter pendant 4 mois.
Seul le Maître-Pastellier pouvait savoir à quel moment il fallait stopper cette fermentation.
Ensuite, on devait mouler à la main des boules de la taille d'un melon.


Ces « Cocagnes » ou « Coques » étaient mises à sécher sur des claies dans une tour séchoir d’un château pastellier ou dans les petits villages, dans des paniers mis en haut de mats en bois : « les Mats de Cocagnes", graissés pour éviter le vol ».


Sur le marché de Toulouse, ces cocagnes valaient le prix de l'or - d'où le nom de la région Toulouse-Carcassone et Albi de "Pays de Cocagne".

Ces "cocagnes" prenaient 4 mois de plus pour sécher, se réduisaient, devenaient dures, noires et plus petites et soit, elles étaient vendues directement ou subissaient encore une transformation appelée « Agranat » qui permettait un transport plus léger dans des bateaux ou charrettes.

Dans l’atelier du teinturier, la couleur d'une cuve de teinture au Pastel était d'un jaune "pisseux" à vert. Les textiles passaient dans la cuve, sortaient jaune et, au contact de l'air, passaient du jaune au vert et du vert au bleu. C’est l’Alchimie du Pastel !



Notons que les tissus et vêtements colorés au Pastel présentent aussi l'avantage d'être inoffensifs pour les personnes à la peau plus sensible ou allergiques à certains produits de teintures.

L'Isatis Tinctoria, ce pigment naturel et vivant offre de superbes palettes de bleus, on peut obtenir des bleus pâles (Bleu Naissant) au bleu noir (Bleu d’Enfer) avec une tenue dans le temps incomparable, bref, un must !










jeudi 17 mai 2018

Les codes d’entretien

Le code d’entretien est composé de 5 symboles :

  • Le lavage - la cuve
  • Le blanchiment - le triangle
  • Le séchage - le carré 
  • Le nettoyage professionnel - le rond 
  • Le repassage - le fer à repasser


Le lavage

Ce premier symbole vous indique si vous pouvez laver votre tissu / vêtement vous-même.
Par la même occasion, on vous indique la température maximale à laquelle le laver…
Oui oui, le chiffre à l’intérieur, c’est ça… :-)
Quand le chiffre est remplacé par une main, c’est qu’un lavage à la main est recommandé. Logique quand tu nous tiens…
et quand le symbole est barré,... et bien on ne peut pas laver l’article soi-même…
C’est pas merveilleux tant de simplicité?

Le blanchiment

Ça devient un peu plus complexe…
Le triangle indique si l'article peut être blanchi ou non.
Oui mais c’est quoi le blanchiment?
C’est simplement un traitement détachant.
On utilise pour cela un agent oxydant.

On trouve ici 3 symboles:
Un triangle signifie blanchiment autorisé quel que soit l’agent utilisé.
Un triangle avec 2 rayures signifie que l’on ne peut pas utiliser de produits chlorés. Pour les autres, c’est OK
Et le triangle barré, pas de blanchiment.

Dans tous les cas, évitez le blanchiment d’argent… 😈😜…

Le séchage

Le carré est le symbole de séchage.
Quand il y a un cercle à l’intérieur du carré, on parle de séchage en machine.
Sinon, de séchage à l’air libre…
Et les points dans le symbole font référence à la température du sèche-linge.
Plus il y en a, plus la température peut être élevée.
Le nombre de points peut varier de 1 à … 2…
Parmi les symboles de séchage à l’air libre, on retrouve: séchage naturel, séchage sur fil, séchage sur fil sans essorage, séchage à plat, séchage à plat sans essorage.

Le nettoyage professionnel

Le cercle est le symbole du nettoyage professionnel.
Lors du nettoyage professionnel, différents solvants sont utilisés, biologiques ou à base d'eau.
Ce symbole renseigne les pros sur les méthodes qu’ils peuvent utiliser…

Le repassage

Pour le repassage, le symbole représente un fer à repasser.
Celui qui a conçu ces symboles a eu là un trait de génie car c’est justement l’ustensile que l’on utilise pour repasser.😄
Comme pour le séchage, les points symbolisent la température. Plus il y en a, plus la température peut être haute.
Ces fameux points, on les retrouve sur la plupart des fers à repasser.
Simple n’est-il pas?

Et le fer à repasser barré? Je vous laisse deviner...

Chez Stragier, nous nous efforçons de placer sur chaque fiche article les codes d'entretien vous permettant de nettoyer au mieux les tissus que nous vous fournissons

mercredi 18 avril 2018

Moteur de recherche

Une fois n’est pas coutume, voici un petit post explicatif qui n’a presque rien à voir avec le tissu…

Sur le site de Stragier, sur quasiment toutes les pages, vous trouverez une barre de recherche.
Elle vous permet de faire une recherche sur n’importe quel terme sorti de votre imagination fertile et d’afficher les articles pour lesquels une correspondance a été trouvée.



En langage de geek, on dira que la recherche se fait sur une chaîne de caractères fournie par l’utilisateur…
Vous savez tous ce qu’est un caractère… mais non ... pas “de cochon”…
Une chaîne de caractères est simplement une suite de caractères.
Dans un moteur de recherche on peut en placer plusieurs séparées par des espaces.

C’est bien, mais c’est pas fort intéressant pour nos recherches tout ça…

Oui mais saviez-vous qu’il existe certains mots-clefs qui sont reconnus par la plupart des moteurs de recherche.
Le nôtre ne fait pas exception.

En voici deux :
  • OR : (Traduction : OU) Utilisé entre deux chaînes de caractères, cela signifie que le moteur de recherche va chercher qui contient la chaîne 1 OU la chaîne 2.
    C’est le comportement par défaut du moteur de recherche.
    En effet, si vous entrez plusieurs chaînes de caractères séparées par des espaces, le moteur de recherche va remplacer les espaces par des “ OR ”.
  • AND : (Traduction : ET) Utilisé entre deux chaînes de caractères, cela signifie que le moteur de recherche va chercher qui contient la chaîne 1 ET la chaîne 2.
  • Donc on peut chercher :
    coton rouge
    C’est la même chose que si on avait cherché :
    coton OR rouge
    Mais ce n’est absolument pas la même chose que :
    coton AND rouge

Dans les deux premiers cas un article qui ne contiendrait pas la chaîne de caractères :
rouge
serait quand même affiché s’il contient la chaîne
coton
Dans le dernier cas, cet article ne s’affichera pas car les 2 chaînes de caractères doivent être présentes dans l’article.

Il est aussi possible d'écrire :
"coton rouge"
En effet, le moteur de recherche va interpréter tout ce qui se trouve entre guillemets comme une seule et même chaîne de caractères sans tenir compte des espaces.
Mais comme il s'agit d'une seule chaîne de caractères, elle sera cherchée telle quelle.
Le moteur de recherche ne trouvera pas un article qui contiendrait :
coton bio rouge

L’utilisation de AND, OR et des guillemets fonctionne de la même manière sur google, bing, yahoo....et stragier.com
C’est très pratique pour faire des recherches rapides et efficaces.

Mais on peut encore aller plus loin…

L’usage de parenthèses vous permet d’effectuer des recherches complexes.
Les parenthèses sont utilisées exactement comme en mathématique.
On peut donc imaginer une requête On soumet une requête à un serveur de base de données par l'intermédiaire d'un moteur de recherche. autrement dit, on l'interroge. qui ressemblerait à ceci :
(coton AND rouge) OR (lin AND bleu)
On devrait obtenir des cotons rouges et des lins bleus mais pas de cotons bleus ni de lins rouges…
Vous voyez l'intérêt?

Une dernière astuce pour la route…
Un tiret avant une chaine de caractères, c’est comme si on disait au moteur de recherche : ne cherche pas ça…
(coton AND rouge) OR (lin AND bleu) -uni
Affichera tous les tissus à motifs en coton rouge ou en lin bleu.

(coton AND rouge) OR (lin AND bleu -(uni OR popeline))
Devrait afficher tous les tissus en coton rouge et les tissus à motifs en lin bleu si ces derniers ne sont pas de la popeline…

Attendez,... j’essaye sur le site de Stragier

Ça fonctionne !!!

On n’est pas vraiment habitué à faire ce genre de recherches avancées, mais avec un peu d’astuce, elles peuvent devenir des alliées puissantes…

Bonnes recherches et @ bientôt chez Stragier

mardi 3 avril 2018

Initiation au patronnage - partie 5 : la gradation de la jupe droite

La gradation… la gradation…

Sans plus d’information, le terme ne parle pas beaucoup…

Il s’agit en fait d’une méthode permettant de créer, à partir d’un patron dans une taille, toutes les autres tailles.
Détendez-vous, c’est plus simple qu’il n’y parait… enfin pour la jupe…

La gradation est en règle générale, un procédé plus industriel, mais qui peut être utile si par exemple vous trouvez le patron de vos rêves, mais pas dans votre taille...

Tout commence avec les mesures.
  • Tailles
  • 34
  • 36
  • 38
  • 40
  • 42
  • 44
  • 46
  • Tour de poitrine
  • 80
  • 84
  • 88
  • 92
  • 96
  • 100
  • 104
  • Tour de taille
  • 62
  • 66
  • 70
  • 74
  • 78
  • 82
  • 86
  • Tour de hanches
  • 86
  • 90
  • 94
  • 98
  • 102
  • 106
  • 110
  • Hauteur de poitrine
  • 25
  • 26
  • 27
  • 28
  • 29
  • 30
  • 31
  • Hauteur devant du buste
  • 43
  • 44
  • 45
  • 46
  • 47
  • 48
  • 49
  • Longueur du dos
  • 41
  • 41
  • 42
  • 42
  • 43
  • 43
  • 44
  • Largeur d’épaule
  • 12
  • 12
  • 12
  • 13
  • 13
  • 13
  • 13
  • Longueur de bras
  • 59
  • 59
  • 60
  • 60
  • 61
  • 61
  • 61
  • Tour de bras
  • 26
  • 27
  • 28
  • 29
  • 30
  • 31
  • 32
  • Tour de cou
  • 34
  • 35
  • 36
  • 37
  • 38
  • 39
  • 40
ou plus précisément l'écart entre les mesures!

Suivant la dimension de votre écran, vous devriez voir ci-dessus,
  • soit un tableau (pour les grands écrans),
  • soit une liste de mesure s'ouvrant en accordéon (pour les petits écrans).
Nous travaillons sur la jupe, on va donc se concentrer sur les dimensions dont nous nous sommes servis lors de la construction de la jupe. (partie 2)
Nous aurons besoin des tours de taille et de hanche.
Dans le cas de la jupe, rien d'autre ne nous intéresse dans le tableau de mesure.

On va d'abord réfléchir on tracera après...
 

Bon, maintenant observons ensemble ces mesures.
On peut remarquer que d'une taille à l'autre l'écart entre les mesures est tout le temps le même!
Ici on a 4 cm entre chaque taille...

Notez bien que cette mesure, même si elle est courante, n'est pas forcément tout le temps la même.
Nous pourrions avoir un tableau reprenant  des tailles S-M-L-XL et avoir entre chaque mesure un écart de 6 cm, voire même de 8 cm...

Dans le cas qui nous occupe, cela signifie que nous allons devoir agrandir notre jupe en largeur de 4 cm par taille.
Dans la partie 2, on a travaillé notre jupe par moitié... donc 2 cm...
Et on va les répartir équitablement : 1 cm par demi devant et 1 cm par demi dos...

En suivant le même logique, si on avait eu un écart de 6 cm entre les tailles, on aurait du augmenter notre demi devant et notre demi dos de....? 1.5 cm... tout simplement...

Bon ça c'était facile...

Passons à la gradation en hauteur maintenant.

En fait, dans la jupe droite, la gradation en hauteur est minime.
Vous vous souvenez de la hauteur des hanches qu'il a fallu estimer lors du tracé de notre jupe droite...
Et bien, quand le corps humain s'arrondit, cette hauteur a tendance à s'agrandir elle aussi...
Nous avions déjà du l'estimer lors de notre tracé, cela ne va pas être mieux maintenant!
Pour une gradation classique de 4 cm, on a coutume d'augmenter la hauteur hanches de 0.5cm par taille. (Ce sont les mesures que j'ai apprises à l'école...)
C'est une façon de faire qui fonctionne bien et qui a fait ses preuves... mais libre à vous de changer cela... restez juste cohérent avec le corps humain!

En gardant la même logique, pour une gradation de 6 cm en largeur, moi je graderai en hauteur de 0.75cm.

Vous suivez?


Bon on trace vite fait cela et puis on s'occupera des pinces...

On va réutiliser le parton de la partie 2 en écartant un peu le dos et le devant pour se laisser de la place pour tracer...



Et là, il va falloir choisir... un point fixe... un point dans le patron (par pièce) qui ne bougera pas...
Oui, j'ai bien dit choisir... on peut en théorie prendre n'importe quel point et le désigner comme point fixe et tout le développement de la gradation se fait à partir de ce point...

Bon, je pense vous l'avoir déjà dit, moi je suis un peu fainéant.
Donc pour ne pas me casser la tête, voici les points que je choisis!:


Pour l'exercice, je vais imaginer que j'ai besoin des 3 tailles supérieures à la taille de base...

Pour clarifier le tracé, comme vous le constatez, on va s'attacher à travailler sur la plus grande taille...
On agrandit donc, au point côté- taille, en largeur de 3cm (1cm par taille) et en hauteur, de 1,5cm (0,5cm par taille) puis on divise le segment ainsi obtenu par 3...
C'est simple... non?

De la même manière, on est maintenant capable de grader pas mal de points de notre jupe...


Ne perdez pas de vue que les mesures affichées ici dépendent du tableau de mesure utilisé...

Bon maintenant on va réfléchir un peu à la pince...

Si on regarde les mesures du tableau, on constate que l'écart entre les tailles sont les mêmes à la taille et aux hanches.
On peut donc considérer que le volume englobé par les pinces est identique quelle que soit la taille.
Il n'est donc pas nécessaire de modifier la pince...

La seule chose à faire est de la déplacer pour que proportionnellement on ait l'impression qu'elle soit à la même place sur toutes les tailles.

On va donc grader les 3 points de la pince de la même manière.
On sait déjà qu'en hauteur, on va grader de 0,5cm par taille.
Mais en largeur ? Comment trouver la proportion ?

On commence par tracer une ligne sur laquelle on va reporter les 2 dimensions qui composent la taille de notre pièce.
Ensuite on grade le point ainsi obtenu (à l'extrémité) comme la largeur de la jupe (ici 1cm par taille).
Oui mais ici on va pas le faire en largeur, mais en hauteur.

Si, à l'emplacement de la pince, je trace une ligne verticale, je trouverai la valeur de ma gradation de pince.


Si la pince avait été plus proche du milieu, la gradation aurait été moins importante...

On a enfin nos dernières mesures...

On termine donc notre gradation...


Puis il suffit de relier les points... comme quand on était petit... :-)

Vous voulez une bonne nouvelle?
Les gradations du dos et du devant sont exactement les mêmes...

Vous voilà donc capable de créer une taille de jupe droite à partir d'une autre...

A bientôt chez Stragier


mardi 13 mars 2018

Les entoilages

Comment bien choisir son entoilage…???

Honnêtement, je ne sais pas répondre…
Ça a l’air con, mais c’est comme ça!!!

Le choix d’un entoilage dépend du résultat que l’on veut obtenir, de la matière à entoiler, …
En fait il n’y a pas de mauvais choix, mais des résultats différents qui répondent (ou pas…) à vos attentes…

Après, les divers entoilages ont des propriétés qui peuvent vous aiguiller, vous aider à choisir.
Et c’est là qu’un article de blog peut être utile.

Mais d’abord qu’est-ce qu’un entoilage?
C’est une matière qui sert à en rigidifier, renforcer une autre. C’est tout…
Vous lirez parfois le mot “triplure”... il s’agit d'un terme qui signifie (presque) la même chose.

A quoi cela sert-il?
  • A changer la tenue d’un tissu, le raidir.
  • A renforcer un tissu, l’empêcher de se déchirer ou de se déformer.
  • A modifier l’épaisseur d’un tissu.
  • A donner une forme à un tissu.
La liste n’est forcément pas exhaustive...

Lors du choix de l’entoilage, il est important de garder constamment à l’esprit le but à atteindre.
C'est cela qui doit vous guider!

On parlait donc des propriétés d’un entoilage...
En voici la liste, que j'essaierai de détailler juste après.
  • L’épaisseur
  • La souplesse
  • La méthode de pose
  • La résistance
  • La couleur
  • La transparence
  • L’extensibilité
Et j’en oublie sans doute…

Je vais, comme promis, reprendre, dans le désordre, chacune de ces caractéristiques pour les détailler.

La méthode de pose :
Il existe 2 grandes familles d’entoilages: les thermocollants et les non-collants.
Les thermocollants sont actuellement les plus utilisés. Ils ont au moins une de leurs faces pourvue d’une colle prévue pour fondre à la chaleur du fer à repasser.
Pour les poser, placez la face avec la colle sur l’envers de votre tissu, repassez sur l’envers de l'entoilage afin de faire fondre la colle.
En refroidissant celle-ci adhérera au tissu.
Les paramètres d’un bon entoilage sont :
  1. La chaleur : suffisante pour faire fondre la colle et insuffisante pour abimer votre tissu.
  2. La pression : il est important que la colle entre bien en contact avec le tissu.
  3. Le temps : Il est important à deux niveaux. Il faut laisser le temps à la colle de fondre… mais il faut lui laisser le temps de refroidir aussi…
Les non-collants, comme leur nom l’indique, sont dépourvus de cette couche de colle.
  1. Pour les tissus et les entoilages qui le permettent, on vient solidariser le tissu et son entoilage en les cousant/brodant ensemble.
    Je ne peux pas vous en dire plus sur cette technique, ayant toujours été trop fainéant pour prendre le temps de l’expérimenter.
  2. Il existe aussi, pour les textiles délicats, une technique appelée “glaçage”, qui consiste à utiliser le tissu et son entoilage comme si ils ne faisaient qu’un.
    Les deux matières ne sont alors maintenues ensemble que par les coutures.
La souplesse :
La tenue de votre entoilage va s’ajouter à celle de votre tissu.
Plus votre entoilage sera raide, plus le résultat le sera aussi…
Notez que, fort logiquement, il n’est pas possible d’assouplir un tissu avec de l’entoilage.
A ce niveau, intervient la structure de l’entoilage.
Il en existe trois:
  1. Les entoilages non tissés : Agglomérat de fibres, ces triplures sont le plus souvent thermocollantes. Ce type d’entoilage donne un effet “cartonné”, plus cassant que les autre entoilages.
  2. Les entoilages tissés : Ils conservent le toucher et le tombant d’un tissu. Comme des tissus, ils ont aussi un sens de fil qu’il convient d’utiliser à bon escient. En effet, vous pouvez décider de conserver le même sens que celui du tissu ou au contraire de les opposer tout en sachant que cela vous donnera des effets très différents.
  3. Les entoilages tricotés : Au même titre que les entoilages tissés, ils vont conserver le tombant d’une maille. A épaisseurs égales, un entoilage tricoté sera plus souple qu’un tissé.
La souplesse sera également influencée par l'épaisseur. Souvent, plus l'entoilage est épais, plus il est raide!
L’épaisseur :
Dans certains cas, il est intéressant d’ajouter une épaisseur au tissu que l’on travaille.
Lorsque ce but est clairement défini, on peut s’orienter vers des matières volontairement épaisses comme les ouatines et les ouatines thermocollantes, ou le Soft and Strong.
La couleur :
La plupart des entoilages sont disponibles en noir et en blanc.
L’un va convenir pour les tissus foncés, l’autre pour les tissus clairs. Logique non?
La transparence :
Il est délicat d’entoiler une étoffe transparente.
Il est possible cependant d’utiliser la technique du “glacage” avec de l’organza ou de l’organdi. Cela opacifie légèrement le résultat, mais à l’impossible nul n’est tenu… :-)
La résistance :
Là encore, la structure de notre entoilage va nous aider…
Du plus résistant au plus fragile, on a :
  1. Les tissés
  2. Les tricotés
  3. Les non tissés.
L’avantage, c’est que ça au moins c’est clair…
L’extensibilité :
Entoiler un tissu extensible, cela n’a pas vraiment de sens.
En effet, si on ajoute une autre matière, on va forcément contrarier au moins un peu l’extensibilité. Et rien ne nous permet d’affirmer que les deux matières auront la même résistance à la traction…
Sachez cependant qu’il existe des entoilages qui sont (sensés être) pensés pour cela...


Voilà voilà…

En combinant toutes ces informations, vous devriez trouver l’entoilage qui convient le mieux à votre ouvrage…

Mais souvenez-vous, un petit essai vaut souvent mieux qu'une grande catastrophe!
Entoilez un petit bout de votre tissu vous assurera du résultat...on ne sait jamais...!!!

Une dernière info pour la route :
Lorsque vous devez entoiler une partie d'une pièce, le haut d'un dos par exemple, pensez aux non tissés...
Ces entoilages se déchirent facilement et la déchirure est rarement nette.
La ligne de démarcation entre la surface thermocollée et celle non thermocollée n'en sera que plus diffuse et donc moins susceptible d'être visible sur l'endroit.

Il ne vous reste qu'à choisir...!

@ bientôt chez Stragier

vendredi 9 mars 2018

Qu'est-ce que le Tencel?





Comme dirait Sébastyan Sébastyan est un de mes collègues., “... rien à voir avec Tencel et Gretel…” (no comment)


Le Tencel est une fibre artificielle.
On désigne de cette manière les fibres qui ont une origine naturelle et subissent une modification chimique.

En fait, ce n’est pas tout à fait vrai…
Tencel est en fait une marque!
C’est sous ce nom qu’est commercialisé la fibre artificielle dont le nom est “Lyocell”.
Le Lyocell a été inventé dans les laboratoires de la société Courtaulds Fibers Inc. en 1988

Son origine naturelle, lui vient du bois. (Souvent l’eucalyptus ou le bambou..)
Ce bois est broyé puis transformé en pâte, la cellulose, puis en fil et enfin en tissu…

Entre le coton et la soie, le tissu ainsi obtenu est doux et agréable.

Mais les qualités du Tencel ne s’arrêtent pas là:
Presque infroissable, respirant, absorbant, résistant …
C’est un tissu à recommander pour les peaux sensibles.

Dans le processus de fabrication, la cellulose est dissoute à l’aide d’un solvant qui a l’avantage d’être recyclable à 99% et qui n’est pas toxique.
Ce qui en fait une des matières les plus respectueuses de l'environnement.

Côté entretien: en machine et à 30°…
Le tissu ne perdra pas en souplesse, ni en couleur.

@ bientôt chez Stragier

jeudi 8 mars 2018

Initiation au patronnage - partie 4 : la transposition de pince

La transposition de pince… kesako???

Comme on l’a déjà vu précédemment, une pince est un moyen de créer un volume dans notre vêtement…

On a vu comment créer une pince dans la jupe droite.
Mais peut-être trouvez-vous que, placée là, elle est disgracieuse.

C’est vrai? Vous ne la trouvez pas jolie???? snifff…

Bon, on la déplace alors???

Enfin, dans le jargon on dirait plutôt “on la transpose???”
ça veut dire la même chose, mais ça en jette un peu plus… :-)

La pince est généralement représentée sous la forme d’un triangle isocèle…
Forcément, pour pouvoir la coudre, il faut que les 2 côtés soient de même longueur.

Oui mais… comment on la déplace???

Fermez-la…!!!

Pas vous… la pince… :-)

Pour déplacer une pince, il suffit de la fermer et de l’ouvrir ailleurs.
C’est aussi simple que ça…

On marque l’emplacement désiré de la nouvelle pince qui doit forcément passer par le sommet de l’ancienne et on fait pivoter tout ça…




Il n’est pas forcément nécessaire que les côtés de la pince soient droits.
Courbes, anguleux, tout est bon… mais évidement plus c’est compliqué, moins c’est facile à coudre… On vous aura prévenu!

On peut transposer une pince à 360° autour de son sommet.

Tous ces patrons de jupes donneront la même forme…



Et, si on transpose la pince vers le bas et que l’on comble la pince, on obtient ...un godet…



Voilà voilà pour la théorie de la transposition de pince…

A bientôt chez Stragier?

mercredi 21 février 2018

Initiation au patronnage - partie 3 : l'essayage de la jupe droite

Je vous l’avais promis dans la partie 2 de cette initiation, alors faut bien que je m’y colle…

Voici donc l’essayage de la jupe droite!

Comme pour les mesures dans la partie 1, sachez que l’on ne peut pas faire un bon essayage sur soi-même !!!
Si le vêtement est pour vous, faites-vous aider!!

D’abord, la préparation du travail…
Comme on ne sait pas trop ce qui nous attend (si on le savait on aurait pas besoin de faire un essayage…) on va prendre nos précautions et travailler sur une toile…
Une toile est un prototype de vêtement réalisé dans un caliquot ou un autre tissu bon marché.
On sera peut-être amené à couper dedans, donc il vaut mieux ne pas la réaliser dans le tissu définitif.

Les règles de base pour réaliser une toile, peu importe laquelle, sont :
  • ajouter des valeurs de coutures généreuses (au moins 2 cm). Si on doit ouvrir pour agrandir, c’est mieux d’avoir un peu de réserve.
  • Réglez votre machine sur la longueur de point maximale, ce sera plus facile si on doit découdre.
  • Toutes les lignes d'aplomb doivent être tracées sur la toile.
    Vous vous demandez peut-être ce que c’est qu’une ligne d’aplomb… et bien ce sont les lignes qui DOIVENT être parallèles au sol quand le vêtement est porté. En fait ce n’est pas difficile, on s’en sert aussi pour prendre nos mesures (Tour de poitrine, Tour de taille, Tour de hanches). On peut aussi tracer les milieux devant et dos. C’est un peu moins utile, mais ça ne peut pas faire de mal… :-)
    Assurez-vous que ces lignes soient bien marquées, bien visibles.

Ok? On commence?

Toutes les initiations au patronnage commencent par la jupe droite.
Ce n’est pas pour rien… C’est évidemment parce que c’est le vêtement le plus facile!
Il est donc fort peu probable, si vous avez bien pris vos mesures, que vous ayez une jupe trop étroite ou trop large…

Nous allons donc nous concentrer essentiellement sur le haut de la jupe.

Imaginons 2 personnes ayant les mêmes mensurations…

Si nous les regardons de profil, il est possible que nous obtenions des silhouettes aussi différentes que ceci…



La première, plus large de hanches, aura forcément moins de volume à l’arrière que la seconde…

Qu’est-ce que cela implique?

Reprenons le même dessin…


On imagine aisément que la ligne bleue et la ligne rouge n’auront pas les mêmes dimensions.
La ligne rouge sera forcément plus longue puisqu’elle englobe un volume plus important…

Oui mais voilà, nous on essaye de leur faire mettre la même jupe…

Essayons d’habiller notre dessin…



Bon d’accord, j’ai un peu caricaturé, mais le principe est là…

Comme j’ai besoin de plus de longueur pour épouser les formes de mon modèle 2, et que je n’ai pas cette longueur, inévitablement toute la jupe est entraînée vers l’arrière et remonte…
Logique non?

Là on a deux solutions :
  1. on s’assied par terre et on pleure…
  2. on fait marcher nos petites cellules grises…
Je vote pour la deuxième option…
D’autant que la solution est facile a trouver…

On l’a déjà dit, il nous manque de la longueur au dos…
Pas de souci, il suffit d’en ajouter.

Oui, mais ma couture de côté, elle, est correcte…
Ok, voici ce que je propose, on ouvre toute la largeur du dos au niveau de la pointe des pinces et on corrige l’aplomb en descendant le bas de la jupe.

Ce qui de profil nous donnera…



Voilà qui parait mieux…

On regarde ce que cela donne sur le patron?

On ne va forcément s’occuper que de notre dos.
On a coupé dans notre toile?… qu'à cela ne tienne, coupons aussi dans notre patron…



On ouvre en parallèle la partie la plus proche du milieu de la valeur que l’on a trouvée lors de l’essayage (celle qui permet d’ajuster l’aplomb.)



Et on fait pivoter l’autre pièce de manière à reformer la pince sans modifier la longueur de la couture de côté…



Vous avez vu?
Vous avez remarqué?

En pivotant la pièce de côté, on a augmenté la profondeur de la pince…
C’est logique puisqu’on a plus de volume à envelopper…

La ligne de la couture de côté s’est quant à elle redressée.
C’est normal aussi…puisqu'on a moins de volume aux hanches.

Nos contours (taille et hanches) n’ont pas bougé… on a juste ajusté les profondeurs de nos pinces (dos et côté) afin qu’elles s'ajustent parfaitement aux formes du mannequin.

Il est possible que vous ayez à faire la correction inverse.
Dans ce cas, on ne va pas couper dans la toile, mais reprendre en pinçant…
Et dans le patron, on va descendre la pièce la plus proche du milieu et pivoter l’autre pièce pour refermer la pince…
Je ne vous fais pas de dessin, si vous avez bien compris la logique de ce qu'on a fait dans ce post, cela doit vous paraître limpide…

Et voilà… Essayage terminé...

Une bonne chose de faite…

Initiation au patronnage - partie 2 : la jupe droite

Voici venu le temps de la partie 2 de notre initiation… la jupe droite…
Si vous avez loupé la partie 1, il n’est pas trop tard...

Dans cette partie-ci, on va vraiment entrer dans le vif du sujet…
Mais auparavant, il me semble important de faire un “petit” point sur le matériel nécessaire.

On s'apprête à dessiner les plans de notre jupe… il n’est donc pas illogique que le matériel s'apparente à celui d’un architecte…

Voici ce qu’il vous faut :
  • du papier de coupe :
    Vendu en mercerie, c’est un papier de grande taille prévu pour les patronnages.
  • un porte-mine :
    Des mines de 0.5 sont bien… Plus fines, elles ont tendance à casser rapidement, plus épaisses, c’est un peu trop épais… :-)
    Vous pouvez le troquer contre un crayon, mais il est vital que celui-ci soit bien taillé.
    Une pointe émoussée peut vite faire un trait de 2mm de large.
    Imaginez un patron de veste avec quatre découpes verticales au devant et autant au dos…(je sais, ce n’est pas facile…) avec les deux coutures de côtés, on est à 10 découpes, pour chaque découpe vous avez tracé 2 traits puisque vous assemblez 2 pièces. Avec un crayon mal taillé, vous avez donc, si je calcule bien, une imprécision potentielle de 20mm autrement dit, une demi taille (dans la plupart des tableaux de mesures, l’écart entre 2 tailles est de 4cm). La précision est donc fort fort importante.
  • des règles: Le strict minimum est
    • une règle graduée de grande dimension (la mienne fait 100cm)
    • une équerre assez grande (c’est mieux si elle aussi est graduée)
    • un mètre ruban (je sais, ce n’est pas une règle...)
    • … et c’est tout…
    Une latte à courbes permet de tracer…. des courbes, ça peut aider.
    Et personnellement je n’utilise pas une équerre, mais deux.
    L’usage combiné de deux équerres fera peut-être partie d’un prochain article de blog…
  • un stick de colle :
    Vous avez mal estimé la taille d’une pièce… pas de soucis, ajoutez un morceau de papier en le collant… c’est mieux que de tout devoir recommencer…
    Attention - Le ruban adhésif est à proscrire.
    En manipulant un patron, il n’est pas rare de le froisser. Travailler sur un patron chiffonné est difficile, mais un coup de fer à repasser et c’est reparti… Le ruban adhésif, lui, supporte mal la chaleur et l’option fer à repasser vous sera dès lors interdite!

  • Cette liste n’est pas exhaustive mais l’essentiel y est
    Je la complèterai sans doute au fur et à mesure.
    N’hésitez pas à intervenir avec un p’tit commentaire pour me corriger ou me compléter…

Petite digression “matériel” terminée…
On peut y aller pour notre patron de jupe…

Réfléchissons ensemble un instant…

La forme géométrique qui se rapproche le plus de la jupe droite est le cylindre.
Et c’est cool parce que c’est vraiment facile à dessiner. Le développement d’un cylindre est un simple rectangle…

Seulement voilà, si on se contente d’un cylindre pour votre jupe, il risque fort de terminer sur vos chevilles…lol

Vous conviendrez avec moi que c’est mieux si votre jupe est un peu plus ajustée à la taille.

Imaginons donc nos options…
  1. La méthode la plus simple est l’élastique!
    Pas très “couture” d’accord, mais diablement efficace…
    Dans ce cas, notre patron serait déjà presque terminé…
  2. Un tout petit peu plus “couture”: les fronces. Pli non aplati et non cousu obtenu en coulissant un tissu sur un fil.
    Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais l’élastique est plus simple et donnera le même effet…
    Je ne retiendrai donc pas cette solution…
  3. Des plis?
    Là, on monte d’un cran dans le côté “couture”…
    Mais si le cylindre est près du corps au niveau des hanches, les plis risquent de s’ouvrir très vite et seront, à mon avis, un peu disgracieux.
    J’oublie donc les plis…
  4. Et si on faisait des plis et qu’on les cousait en triangle jusqu’aux hanches…
    On appelle ça des pinces et c’est vraiment “couture”...

    Adjugé !!!... on va faire des pinces…
On s’y met?

On ne va pas s’ajouter du travail pour rien, je vous propose de ne tracer qu’un demi vêtement… Un dos et un devant…

Vous avez mesuré votre tour de hanche (cf. partie 1)
On devrait donc tracer un rectangle qui ferait un demi tour de hanche de largeur et la hauteur voulue pour votre jupe en hauteur.
Mais que nenni..., ce serait trop facile…

On va bien partir de votre tour de hanche. (J’utiliserai l'abréviation TH)
Si on se contente de cette mesure, votre jupe sera tellement serrée que le moindre mouvement la ferait craquer!
On va donc ajouter une valeur pour que vous soyez bien dedans… l’aisance.

A l’école, on m’a inculqué l’information suivante:
“On ajoute 4 cm d’aisance par couche posée sur le corps !”
Notre jupe étant la première couche à poser sur le corps, on va lui ajouter 4 cm d’aisance.
Je tiens à préciser que cette valeur est purement arbitraire, mais en général elle fonctionne bien.
Si vous êtes d’humeur contradictoire, rien ne vous empêche de la modifier à votre guise… Tant que c’est réfléchi, ça me convient…
Avec un tissu stretch par exemple on pourra, pourquoi pas, la revoir à la baisse…

Pour obtenir la largeur du rectangle, on a donc ceci :
Largeur du rectangle = ( TH + Aisance ) / 2

Dans ce rectangle, on doit tracer un demi dos et un demi devant.
On va donc pouvoir le diviser en deux… oui mais non, ce serait trop simple…

Pour une raison purement esthétique, on va faire le devant un peu plus large que le dos.
C’est plus joli quand on est face à quelqu’un, de ne pas voir tout de suite la couture de côté !
Je vous propose donc de déplacer la couture de côté de 1 cm vers l’arrière. (C’est là aussi une mesure tout à fait arbitraire… 1.5cm c’est bon aussi… Mais que voulez-vous, j’ai mes habitudes… :-) )


Ok, on a notre base de travail…

Sur cette base, on va positionner la ligne de hanche…
Sauf qu’il vous manque une mesure… la hauteur hanche…
En effet, je ne l’ai pas mise dans les mesures de la partie 1. C’est volontaire…
Tout simplement car il est difficile de mesurer cette hauteur de façon précise. On est obligé de l’estimer…Ce que vous pouvez faire dès maintenant d’ailleurs…

Vous devriez selon votre taille avoir une mesure variant entre 18 et 25 cm.


C’est fait?
Bien on s’occupe de nos pinces.

Vous devinez déjà comment on va faire…
On doit enlever à la taille la différence entre votre tour de hanche (avec aisance) et votre tour de taille (avec aisance).

Valeur cumulée des pinces = ( ( TH + Aisance ) / 2 ) - ( ( TT + Aisance ) / 2 )
J’espère que vous aimez les maths… :-)
On va répartir la valeur ainsi obtenue entre 3 pinces :
  • une au devant
  • une au dos
  • une dans la couture de côté.
Il reste une question qui doit, je suppose, vous brûler les lèvres…
Dans quelles proportions doit-on les répartir?

Aie aie aie… Je m’attendais à cette question… et la réponse n’est pas simple…

La version scolaire tout d’abord :
Les pinces au devant et au dos ont le même valeur de +/- 2.5 cm et le reste est placé dans la couture de côté.

Si on envisage le problème d’un point de vue moins scolaire, il va falloir réfléchir un peu plus…
En effet, la profondeur des pinces dépend de vous… ou plutôt de votre corps…

La pince permet d’envelopper un volume… la pince la plus profonde doit donc être forcément en regard du volume le plus fort.

Si on prend en compte l’image ci dessous représentant la coupe de 2 corps ayant le même tour de hanche :


Dans le premier cas, madame a des hanches relativement étroites, mais des fesses plus généreuses…
Dans le second, au contraire, les hanches sont larges, mais les fesses plus plates...

Si on travaille sur mesure, il me parait évident que ces deux dames ne devront pas avoir le même patron de jupe…

Il faudra, à la première, des pinces dos bien plus profondes. La pince placée au côté sera elle moins profonde… c’est assez logique…

L’inconvénient c’est qu’il m’est difficile de vous donner des règles précises…
Ce que je vous propose dès lors, c’est de partir sur la version scolaire et je tenterai de faire assez rapidement un article sur l‘essayage de la jupe afin de corriger les problèmes s’il y en a…
Cela vous convient-il?

Dans un soucis d’esthétique, on va tenter de placer la pince au milieu des pièces dos et devant.

Pour le devant, on avait aux hanches ( ( TH + Aisance ) / 4 ) +1
On aura donc à la taille ( ( TT + Aisance ) / 4 ) +1

Pour le dos, on avait aux hanches ( ( TH + Aisance ) / 4 ) -1
On aura donc à la taille ( ( TT + Aisance ) / 4 ) -1

Sur la ligne de taille on applique la moitié de ces valeurs, on place ensuite la profondeur de pince et on termine par la seconde moitié… simple…
Enfin peut-être avez-vous besoin d’un p’tit dessin… :-)


Vous avez tout ce qu’il vous faut pour tracer vos pinces… à part leur longueur…

Pour que ce soit joli, on arrête la pince dos à quelques centimètres de la ligne de hanche.
Moi j’ai l’habitude de l’arrêter 2 cm au dessus, mais sentez-vous libres de modifier cette valeur… (en restant raisonnable car n’oubliez pas que le volume est à hauteur de la ligne de hanche… il ne faut pas trop s’en éloigner…)
Le volume à l’avant est normalement moins prononcé… chez moi la pince aura aussi 2 cm de moins...

On peut donc tracer les pinces :


Il reste deux petites étapes, on a presque fini…

En pliant votre papier, vous pouvez fermer toutes vos pinces et rendre la courbe de taille plus harmonieuse…
J'ai un peu de mal à plier mon écran mais voici à peu près ce que cela devrait donner :


Enfin une certaine Mlle A. Bent disait
“...Moi j'ai des formes et des rondeurs
Ça sert à réchauffer les cœurs…”

C’est vrai que dans le corps humain, les lignes droites sont rares…
Mettons un peu de rondeur dans tout ça... (pinces et hanches...)




Et voilà…

Un patron de jupe droite vite fait bien fait…
Pour le réaliser, on doit encore lui ajouter des valeurs de couture, prévoir un moyen de fermeture et une finition à la ceinture…

Mais moi je suis fatigué alors je m’arrête là… et puis il faut bien que je me garde des sujets pour plus tard non? :-)

Si vous laissez le patron comme ça, une fois monté, il vous paraitra légèrement entravé…
C’est un effet d’optique… pour avoir une jupe droite qui paraisse droite, il convient de l’évaser un petit peu…

Une jupe de ce type demande un tissu avec un peu de tenue…
Elle pourrait être réalisée par exemple :

Mais comme il arrive parfois que l’on se trompe, je vous conseille de coudre une toile avant de faire votre modèle définitif.

Une toile est la façon dont l’on appelle un modèle d’essai. Traditionnellement on la réalise dans un tissu de coton appelé “caliquot”. Mais ce n’est pas obligatoire… un autre tissu pourrait faire l’affaire comme un vieux drap par exemple…

Évitez cependant les tissus trop souples comme les doublures ou les mailles qui réagissent très différemment. L’idéal étant bien évidemment de s’approcher le plus possible du tissu définitif.

Bon amusement et à bientôt...

jeudi 8 février 2018

Initiation au patronnage - partie 1 : la prise de mesure

Si vous lisez ces lignes, il y a de fortes probabilités pour que vous connaissiez la réponse à la question suivante:

Qu’est-ce qu’un patron?

Si je reprends la définition présente dans wikipedia, la réponse est :
“Un patron est la représentation d'un vêtement vu de face ou de dos. Il est fabriqué en général à partir de feuilles de papier et permet de concevoir un vêtement avant sa fabrication en couture.”
Cette réponse est évidemment correcte.

J’aimerais toutefois la préciser un tout petit peu. Voici ma version :
“Un patron est la représentation géométrique en deux dimensions d’un vêtement. Généralement réalisé en papier, il servira de gabarit à la découpe d’un tissu, qui,une fois assemblé à l’aide de coutures, formera un vêtement en trois dimensions.”

Ces deux définitions se ressemblent beaucoup…
Toutefois, la seconde prend en compte une notion à mon sens importante: la géométrie dans l’espace.

Tout le monde connait le développement du cube.





Notre but est de faire a peu près la même chose, mais pour habiller un corps humain et en y ajoutant un peu de fantaisie…


Le sujet est vaste et cet article n’est sans doute qu’un prélude…
La mode étant en perpétuelle évolution, il ne devrait pas être trop difficile d’alimenter ce blog. En tout cas, tant que durera ma collaboration avec Stragier chez qui je travaille depuis 15 ans… :-)

Mais revenons à notre sujet.

Pour dessiner notre cube, nous ne devons connaître qu’une seule dimension, la longueur de son côté.

Pour notre corps humain, comme vous pouvez l’imaginer, nous aurons besoin d’un tout petit peu plus de mesures… :-)
En industrie, on travaille avec des tableaux de mesures.
Ils contiennent des mesures étudiées pour convenir le plus possible à tout le monde.
Des mesures standardisées…

Votre but, en lisant ceci, est, à n’en pas douter, d’aller un peu plus loin…
D’avoir un vêtement qui s’approche le plus possible du “sur mesure”... Un vêtement basé sur vos mesures à vous…

C’est un défi que l’on peut tenter de relever ensemble...Mais cela implique quelque chose… avoir vos mesures… bon sang, mais bien sur !!!….

Une précision cependant : je ne traiterai ici que des patrons pour dames.
Ce n’est pas de la ségrégation, c’est juste le domaine que je maitrise le plus… (pardon messieurs...)

Avant de commencer, sachez, mesdames, que ces mesures doivent toutes être prises au plus près du corps.
Il convient donc d’être en sous-vêtements lors de la prise de mesure.
Si pour des raisons d’intimité ou de pudeur, cela n’était pas possible, portez des vêtements les plus moulants possible.
D’autre part, il est quasiment impossible de prendre efficacement ses propres mesures.
Si vous souhaitez travailler pour vous même, faites-vous aider…

Assez parlé… munissez-vous d’un mètre ruban et allons-y…


Voici donc les mesures dont nous aurons besoin
Tour de taille :
placez votre mètre ruban autour de la taille et mesurez l’endroit où elle est la plus fine.
Pour plus de facilité, vous pouvez nouer un fin ruban autour de la taille. Il se logera de lui-même à l’endroit à mesurer...
Tour de hanches :
placez votre mètre sur la partie la plus charnue des fesses et mesurez le contour du corps à cet endroit.
Tour de poitrine :
Pour le tour poitrine, c’est le même principe… Il faut prendre la mesure à l’endroit le plus généreux… qui passe forcément par le bout des seins!
Hauteur poitrine :
C’est la distance mesurée, le buste bien droit, entre le point à l’intersection de la ligne épaule et du tour de cou, et le saillant poitrine (le bout du sein).
Bon à savoir: plus le vêtement est ajusté, plus cette valeur prend de l’importance et doit donc être précise.
Or vous n’êtes pas sans savoir que le choix du soutien-gorge influence la hauteur de la poitrine.
Dans les vêtements d’importance, les robes de mariées par exemple, il est conseillé de prendre les mesures en portant la même lingerie que celle qui sera portée avec le vêtement terminé.
Hauteur devant :
On la mesure de la même manière que la hauteur poitrine mais on descend du cou vers la ligne de taille.
Hauteur dos :
C’est la distance mesurée, le buste bien droit, entre le point à l’intersection de la ligne épaule et du tour de cou, et la ligne de taille en passant sur l’omoplate.
Longueur épaule :
de la base du cou jusqu’à l’articulation de l’épaule.
Longueur bras :
C’est la mesure de l’articulation de l’épaule à celle du poignet. La mesure doit être prise sur un bras plié à 90°
Tour du bras :
C’est la mesure du contour du bras prise sur la partie la plus forte.
Tour de cuisse :
C’est la mesure du contour de la cuisse prise sur la partie la plus forte.
Longueur intérieure de la jambe :
mesure entre l’entrejambe et la cheville.
Afin de préserver l’intimité du modèle, il convient de saisir le mètre ruban entre l’index et le majeur en le laissant dépasser de quelques centimètres. Vous pourrez ainsi prendre une mesure précise sans approcher trop près de l’entrejambe.
Pour le même usage,il existe des mètres ruban spéciaux dont une des extrémités est rigide sur une dizaine de centimètre.

Ces mesures sont normalement suffisantes pour réaliser presque tous les patrons… Ne perdez pas de vue que ces mesures ne sont pas figées. Si vous (ou votre modèle) perdez du poids, il faudra les revoir… dans le cas contraire aussi même si c’est moins agréable…

Il est souvent utile de se faire une petite “bibliothèque” de patrons très simples, mais très bien ajustés et de ne faire évoluer dans le temps que ceux-ci. Ils constitueront vos “patrons de base”. Vous pourrez ainsi en faire une copie puis partir de cette base sûre pour laisser libre cours à votre imagination...

vendredi 19 janvier 2018

La laine bouillie

La laine bouillie… produit phare de chez Stragier depuis de nombreuses années.
Comme son nom le laisse supposer, elle est bouillie… heeee oui…!!!

Pour la réaliser, on tricote de la laine que l’on plonge ensuite dans de l’eau bouillante.
Le tricot rétrécit et la maille se resserre a un point tel qu’elle en devient presque invisible… la maille, pas la laine… :-) .
Cela donne au tissu une souplesse non négligeable tout en conservant une épaisseur importante.
Et la maille est si serrée que :
  • elle ne craint pas une petite averse. (chez nous, en Belgique, c’est important…)
  • elle ne s’effiloche pas.
    Ce tissu peut donc s’affranchir de toutes finitions.
    Un tissu idéal donc pour les débutants…
  • portée, elle emprisonne beaucoup d’air entre elle et vous.
    Cela renforce son pouvoir isolant et donc l’impression de chaleur si agréable avec ce genre de tissu.

Attention, le jersey, et donc la laine bouillie, ça peut se détendre!
Rassurez-vous, il n’y a là rien d’insurmontable…
Lorsqu’on vous le fournit, les lisières (les bords du tissu) sont d’ailleurs légèrement détendues. C’est du au mode de fabrication.
Considérez donc que 3 ou 4 centimètres de chaque côtés sont à utiliser avec plus de précautions.
Dans la même idée, ce tissu étant assez lourd et la gravité faisant son petit effet, il doit supporter son propre poids.
Il n’est donc pas impossible qu’un fois suspendu, votre vêtement prenne quelques centimètres en longueur.
Donc avant de vous lancer dans la réalisation de votre ourlet, laisser votre ouvrage pendre quelques jours sur un cintre ou mieux sur un buste…
Vous pourrez ensuite rectifier l’arrondi avec un arrondisseur puis le laisser sans finition, passer quelques heures sur vos point de chaussons ou encore réaliser une surpiqure.

Enfin, et on n'y pense pas assez souvent, si vous souhaitez réaliser des boutonnières, sachez que celles-ci vont avoir à supporter beaucoup de traction.
Deux solutions s’offrent à vous…:
  1. Vous ne faites pas de boutonnières!
    Simple mais il fallait y penser…
  2. Vous armez votre boutonnière avec un cordonnet ou un fil a coudre double et bien assorti.
    Il s’agit en fait, lors de la réalisation de la boutonnière, d’y glisser un fil solide et de le nouer de manière à fixer une fois pour toute la longueur de la boutonnière.
Pensez également a utiliser des aiguilles jersey
Voilà… Si vous souhaitez vous lancer, vous avez maintenant les cartes en mains…

samedi 6 janvier 2018

A Pocket Full of Memories, ou la beauté sortie d'un écrin.

"Le souvenir est le parfum de l'âme", George Sand résume à la perfection cette nouvelle collection Liberty.
Candeur, tendresse, couleurs et motifs floraux, ces dessins nous rappellent l'enfance, mais pas seulement.
Découvrons ensemble notre sélection.

Pour débuter, le ravissant Sky High, montgolfières, fusées, et autres véhicules nous ramènent à une exposition universelle passée, ou nous font voyager dans l'univers de Jules Verne, génial !




Floral Picnic, un motif fleuri, coloré, semblable à une aquarelle multicolore, son raffinement est aussi doux que les délicates fleurettes représentées.




Un autre motif floral, le Swirling Petals, comme son nom l'indique, corolles et feuilles tourbillonnent dans une brise printanière en une fine fusion pigmentaire.




Vient le tour d'un motif qui nous a fait rugir de plaisir, le Rumble and Roar, ses dinosaures (dont un joli Parasaurolophus - celui avec la crête) vont charmer vos petites têtes blondes !




Pour ceux qui aiment la diversité et un foisonnement de motifs Liberty bien connus de tous, Patchwork Stories, vous reconnaîtrez entre autre Eloïse, Pepper, Capel, et d'autres.




Arrive la vigne avec Tumbling Vine, dont les tons bleus de ce dessin sont absolument enchanteurs.




Pour terminer en beauté, Flip Flap Fly, ce dessin comprend autant de papillons que de couleurs différentes, ce qui rend subtil et varié cette adorable composition.




Pour voir toute la collection, c'est ici :)



vendredi 5 janvier 2018

Alpine Symphony, ou du Liberty version Heidi.

Au début du 19ème siècle, Richard Strauss compose son "Alpine Symphony" (Symphonie Alpestre), c'est sur base de cette oeuvre que Liberty nous propose sa nouvelle collection, aux airs frais de montagne, de fleurs et d'animaux.
Délicate et colorée, cette nouvelle collection s'inscrit parfaitement dans la lignée Liberty, découvrons les ensemble.
Commençons avec Doe a Deer, où oiseaux, biches, lièvres ou encore écureuils se réunissent dans une forêt verdoyante, qui ravira les grands comme les petits.




C'est au tour de Heidi à faire son apparition, un splendide motif, fin, semblable à une aquarelle, ses couleurs subtiles et douces nous ont enchanté.



Wolf Pack est le dessin suivant, simple mais efficace, le motif du loup gris rappelle le livre de la jungle, un Liberty plus masculin, très réussi.




Des faons, des chèvres, Billy est mignon tout plein, avec ses couleurs printanières et ses jolies fleurs, un must !




Pour terminer (oui déjà), nous avons Poppy Dream avec son joli mariage de couleurs, bleu et orange, très gai, qui sent bon l'été.


Pour voir l’entièreté, c'est ici. :)